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Agrocarburants

publié par Admin, le dimanche 4 janvier 2009

Le projet éthanol mis en branle lundi 29 décembre 2008, par RAW (Tribune Madagascar)

12 millions USD de la Banque sud-africaine pour le Développement ou DBSA, c’est le fonds affecté par cette institution à la production d’agro-carburant. Trois sociétés sont prêtes pour la mise en œuvre de ce projet : le Groupe Raveloson Samuel, Jason World Energy et Madagascar Green Energy. Le projet a été présenté vendredi dernier à la presse et il réunit des investisseurs sud-africain, mauricien, indien, canadien, américain et malgache. Il consiste à cultiver de la canne à sucre pour en extraire de l’éthanol. Il envisage aussi de produire 250 000 tonnes d’engrais et de fournir de l’électricité aux localités impliquées dans le projet.

Trois unités de production seront pour l’instant installées à cet effet. Le projet intéresse trois sites d’une superficie totale de 50 000ha réparties à Katsepy et Mitsinjo dans la Région Boeny, Brickaville dans la Région Atsinanana et Nosy-Be dans la Région DIANA. Le projet sous régime de zone franche conduit précisément par une société indienne du nom de Chandli Oil Company prévoit de produire 28 millions de litres d’éthanol et, à terme, 100 millions de litres par an, dont la totalité est destinée à l’exportation. Cinq pour cent (5%) de cette production peut être écoulé sur le marché local, si besoin est, car pour l’instant, selon un responsable, l’usage d’agro-carburant n’est pas réglementé à Madagascar. La mise en œuvre du projet d’exportation d’éthanol procurera 40 millions USD à l’Etat malgache et génèrera 300 emplois directs et 6000 emplois induits. Les premières productions d’éthanol sont attendues en 2010.

Et l’environnement dans tout çà

Lors de la présentation du projet, les responsables ont essayé de persuader l’opinion sur le caractère opportun du projet pour le pays : emplois directs et indirects durables, électrification des zones concernées et mise en valeur rationnelle des terres. Les rentrées de devises pour les caisses de l’Etat n’ont pas été oubliées et les avantages comparatifs de Madagascar par rapport aux autres pays, pour dire que les bas salaires de la main d’œuvre agricole malgache sont notre premier atout sur ce marché du travail. Le flou persiste en effet sur la masse salariale, précisément sur le salaire et les revenus réels des agriculteurs et ouvriers agricoles qui évoluent sur ces 50 000ha de canne à sucre. Les protecteurs de l’environnement sont eux aussi restés sur leurs inquiétudes. Ils relèvent que le gaz ou le charbon nécessaires à la distillation de l’éthanol provoque d’importantes émissions de gaz carbonique (CO2) et que le bilan n’est pas meilleur que pour le biodiesel. De ce point de vue, faire comprendre que l’agro-carburant est la panacée sur toute la ligne est faux. D’autant que la culture de canne à sucre, si elle devient intensive pour les besoins de l’unité industrielle en zone franche, pourrait induire un impact négatif sur l’environnement. Une trop forte utilisation d’engrais et de pesticides et un renforcement de l’irrigation augmenteraient les impacts négatifs de l’agriculture sur la biodiversité, la qualité des sols et la ressource en eau. Sans occulter le risque de porter atteinte aux agricultures vivrières.


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