Izay mitambatra vato, izay misaraka fasika


Accueil > Newsletter > Newsletter n° 85

Newsletter n° 85

publié par Admin, le dimanche 26 novembre 2017

Toutes les versions de cet article :

MIANDANANDRIANA – AMPEFY

JUSTICE POUR LES VICTIMES DES EVICTIONS FORCEES QUI DEFENDENT LEURS DROITS FONDAMENTAUX ET LEURS TERRES !

Au mois de Mai 2017, les expulsions forcées qui avaient eu lieu dans la localité de Morakenda Ankadimbahoaka Andrefana, située dans la commune de Miadanandriana Ampefy, avaient causé la destruction de 26 maisons et la perte des moyens de subsistance de plus de 200 personnes. Ces expulsions forcées avaient été caractérisées par le non - respect des normes internationales à appliquer en la matière, qui imposent des mesures telles que la consultation préalable des concernés, la mise en place d’une structure commune pour diriger les opérations, le non-usage de la violence, la considération de la relocalisation, ainsi que la compensation des dommages causés par les expulsions. Aujourd’hui, la centaine de familles qui ont été jetées à la rue par ces évictions forcées vivent dans une situation extrêmement déplorable.

Les évictions susmentionnées constituent une violation flagrante du Pacte International sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) ; de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ainsi que de la Constitution Malagasy de 2010 qui protège le droit à la sécurité, au bien-être familial, et le droit à la propriété privée. En particulier, ces évictions violent le droit à un logement adéquat, tel que protégé par le PIDESC et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ratifiés par Madagascar, et qui comprend également le droit à la protection contre les expulsions forcées. De surcroît, ces évictions vont à l’encontre de l’esprit des lois portant régime foncier à Madagascar, lesquelles reconnaissent notamment la propriété privée non titrée.
Mamy Mampionona Jean Claudie, âgé de 69 ans, Rasata Robert Manendrika, 60 ans, Saholinirina, 49 ans, ainsi que Rahelimalala Lucie, 40 ans et mère d’un enfant en bas âge, ont été arrêtés et incarcérés depuis le 01 septembre 2017 pour violences et voies de fait parce qu’ils s’étaient opposés aux forces de l’ordre venues les chasser des terres qu’ils ont occupées pendant plus d’une trentaine d’années. Ils comparaîtront devant le Tribunal d’Instance de Miarinarivo ce 29 novembre 2017 avec 18 autres occupants qui avaient également résisté à leur expulsion.

Dans cette perspective, le CRAAD-OI et le Collectif TANY réitèrent l’appel qu’ils avaient lancé dans leur Communiqué du 16 octobre 2017 aux autorités concernées à reconnaître que les prévenus n’ont fait que défendre leurs droits fondamentaux et leurs terres, et à
• avoir à l’esprit qu’aucune circonstance considérée comme étant exceptionnelle ne peut constituer une justification pour les violations des droits de l’homme ;
• ordonner la libération immédiate et sans conditions des quatre (4) détenus ;
• abandonner toutes les accusations à l’encontre des 18 autres accusés ;
• contribuer à la restauration d’un Etat de droit, en assurant le respect des lois en vigueur et des droits fondamentaux des citoyens Malagasy.
21 novembre 2017.

- Au nom du Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement - Océan Indien (CRAAD-OI) : Randriamaro Zo, Coordinatrice ; craad.madagascar@gmail.com ; http://craadoi-mada.com

- ­Au nom du Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY : Rakotondrainibe Mamy, Présidente ; patrimoine.malgache@yahoo.fr ; http://terresmalgaches.info


© Collectif pour la Défense des Terres Malgaches | généré dynamiquement par SPIP & Blog'n Glop.