Ne repoussez pas du pied la pirogue qui vous a aidé à traverser la rivière


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Manifeste

publié par Admin, le mardi 30 décembre 2008

Nous avons appris le 19 novembre dernier par la presse internationale les déclarations du directeur financier de Daewoo Logistics, Shin Dong-Hyun, annonçant la signature entre cette filiale du géant sud-coréen Daewoo et les autorités malgaches d’un bail emphytéotique de location pour 99 ans de 1,300 million d’hectares de terres arables à Madagascar.

Ce projet sans précédent d’octroi de terres est extrêmement préoccupant :

La surface louée correspond à ″la moitié des surfaces cultivables du pays″. Les termes du contrat ne prévoient pas de contrepartie financière versée à l’Etat malgache. Le « prix de location » consisterait à investir dans les infrastructures nécessaires à la réalisation du projet.

Les principaux ministres malgaches concernés ainsi que les représentants de Daewoo à Madagascar ont démenti en arguant du fait que le projet n’est qu’au stade de la prospection et de la négociation de terres. Mais de nombreux témoignages venant du terrain indiquent que les protagonistes de cette affaire sont passés à l’acte dans plusieurs régions. Madagascar Futur Entreprise Group, représentant de Daewoo sur place, a déjà acquis 94 182 hectares dans le district de Brickaville, 33 767 ha dans le district de Toamasina II, 40 000 ha dans le district de Vatomandry, plus de 50 000 ha dans le district de Maintirano. D’autres demandes d’acquisitions sont enregistrées. De vastes terres dans la région SAVA seraient également en cours de transfert de propriété.

Ces informations parues dans la presse malgache sont confirmées par les populations locales qui ont vu ou entendu parler d’Asiatiques effectuant des mesures avec les autorités régionales en vue de l’acquisition de terres. Ainsi,


- les transactions se déroulent sans aucune transparence de la part des autorités ;
- des responsables locaux sont impliqués ;
- certains ont peur d’en parler par peur de représailles ;

- d’autres n’avaient pas compris l’enjeu de ces « opérations » sur le terrain, pensant qu’elles apporteraient des bénéfices à la localité ou à la région.

Cette « location » de terres pour 99 ans - renouvelable - par Daewoo est inacceptable car :

- Elle concerne des superficies immenses réparties dans plusieurs régions. Elle porte atteinte à l’existence future d’une patrie pour l’ensemble des Malgaches qui considèrent les terres de leurs ancêtres comme un bien « sacré ».

- Elle spoliera de nombreuses familles, et à terme la majorité des paysans, des terres où elles vivent et travaillent.

- Elle a été faite à l’insu des populations malgaches sans respect des procédures habituelles, alors qu’elle engage des parties importantes du territoire et donc la souveraineté nationale.

- Les dossiers des terrains convoités par Daewoo sont traités rapidement alors que les Malgaches rencontrent des difficultés insurmontables dans les procédures d’acquisition de titres de propriété.

- Les Malgaches ne profitent pas des récoltes effectuées par Daewoo. Elles sont destinées à l’exportation pour assurer la sécurité alimentaire de la Corée du Sud.

- Selon la presse internationale, il est question dans la partie ouest de l’île de cultiver du maïs, réputé pour dessécher les terres. Les semences de maïs, potentiellement transgénique, seraient importées du Costa Rica et des Etats-Unis. La partie Est de l’île serait consacrée à la plantation de palmiers à huile dont les semences viendraient d’Indonésie où certaines espèces sont connues pour détruire la végétation environnante et la biodiversité (« l’huile tueuse »).

Tenant compte de tous ces éléments relatifs à l’affaire Daewoo,

Nous, membres du COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES TERRES MALGACHES, avons décidé de nous regrouper et agir.

Nous lançons cette pétition pour


- Exiger des responsables qui participent à tous les niveaux à cette location l’arrêt immédiat de toutes les actions et procédures engagées afin de réviser complètement les termes du contrat,

- Exiger des autorités et responsables
le respect des lois et procédures , notamment les formalités de publicité indispensables à l’information des voisins et opposants éventuels,
Exiger des autorités malgaches de
faire preuve d’une totale transparence et d’informer l’ensemble de la population sur cette affaire,

- Demander à l’Etat malgache et à toutes les autorités compétentes, élus et responsables des services des domaines de
faciliter l’obtention de titres de propriété pour les terrains que les paysans malgaches souhaitent exploiter et mettre en place des mesures d’accompagnement pour améliorer leurs moyens de production,

-  Se rapprocher des citoyens et paysans malgaches pour les soutenir et encourager dans leurs luttes pour la défense de leurs terres ,

- Lancer
un appel à la vigilance à tous nos compatriotes au pays et à l’extérieur afin de dénoncer toute décision ou tentative de priver progressivement les populations malgaches des terres de leurs ancêtres au nom d’un libéralisme aveugle ,

-  Alerter l’opinion internationale et appeler les ressortissants des pays qui subissent déjà la même situation, à travailler ensemble et coordonner nos actions pour faire cesser cette nouvelle forme de néocolonialisme .

Paris, 29 décembre 2008

Liste des signataires :

Ralava Beboarimisa, Cadre bancaire, Paris, France
Samuel Jocelyn, Informaticien, Paris, France
Philippe Randrianarimanana, Journaliste, Paris, France
Mamy Rakotondrainibe, Chercheur, Paris, France
Jean-Claude Rabeherifara, Sociologue, Paris, France
Noely M’Changama, Citoyenne, Paris, France
Augustin Andriamananoro, Directeur de Publication, Paris, France
Raharimanana, Ecrivain, Paris, France
Tafika Rakotomavo, Enseignant, Paris, France
Claude Parsotam, Retraité, Clermont-Ferrand, France
Philippe Rajaona, Informaticien, Paris, France
Hyacinthe Befeno Todimanana, Finance & Control Manager, Paris, France
Hetsika Diaspora France, association, Paris, France
Eddie Fernand, Directeur administratif, Paris, France
Ericka Minazara, Doctorante, Paris, France
José Landry, Fonctionnaire territorial, Savoie, France
Jeanine Rakotobearisoa, Psychiatre, Paris, France Paul Nahoaniko, Consultant Expert en Génie Civil, Melun, France
Fanantenandrainy Ratsimbazafy : Business Analyst, Paris, France Arsène Bezara, Informaticien, Paris, France Roland Tarby, Citoyen, Cournon d’Auvergne, France
Jeanine Rambeloson, Citoyenne, Paris, France
Guy Vincère Rabesaotra, Mpiasam-panjakana, Paris, France. Henry René Rabesaotra, Retraité, Paris, France Myriame Rabesaotra née Razafiniaina, Retraitée, Paris, France
Carson Rock Rangers, Compositeur, Chercheur, Enseignant , Paris, France
Edson Maheva, Professeur, Académie de Clermont-Ferrand, France
Sophie Ranjamanarivo, Citoyenne, Port de Bouc, France
Marie-Clémence Andriamonta Paes, Producteur, Paris, France
Razakamanantsoa Naivo, Retraité, Vendôme, France
Miora Lala Andrianaivomanjato, Etudiante, Paris, France
Yodie Ramamonjisoa, Assistante, Paris, France
Roger Rakotoarivelo, Enseignant, Toulouse, France
Anthony Sergio Sanany Andriafaranirina, Etudiant, Paris, France
Roger M’Changama, Citoyen, Paris, France
Batsola Andrianjaka, Doctorante, Xi’an, Chine
Muriel Rakotomalala, Traductrice, Paris, France
Sahondra Rasolomanana, Créatrice, Paris, France Fano Rakotoarisoa, Enseignant, Montreuil, France
Désiré Todizara, Pharmacien, Paris, France Raphael Ratovoarinony, Economiste, Antananarivo, Madagasikara Vero Ranaivoson, Citoyenne, Paris, France
Zoelson Randrianindrina, Journaliste, Antananarivo, Madagasikara
Yoland Joseph, ancien Sénateur de Madagascar, La Réunion
Santatra Rasolomanana, Etudiante, Québec, Canada
Railovy Boyer, Souscripteur d’Assurance, Paris, France
Landihasina Ralisoa, Tananarive, Madagascar
Randianina Ravoajanahary, Vidéaste, Paris, France
Virginie Rasoarilala, Enseignante, Académie de Rennes, France

COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES TERRES MALGACHES

L’opinion publique malgache, informée par la presse nationale et internationale, est particulièrement en alerte. Plusieurs grands projets en cours à Madagascar démontrent la réalité de contrats conjuguant une exploitation drastique des richesses du pays par des investisseurs étrangers à l’insignifiance des bénéfices en retour pour la Nation et les populations malgaches.

Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES TERRES MALGACHES regroupe des individus d’origine malgache déterminés à unir leurs forces et à travailler ensemble pour s’opposer à la spoliation des citoyens et paysans malgaches de leurs terres. Il vise à rassembler tous les Malgaches sans discrimination aucune prêts à s’investir pour la réalisation de cet objectif.

Ses actions dans le court terme consisteront notamment à :

- Défendre les terres malgaches en collaboration avec les populations et organisations à Madagascar,

- Diffuser des informations sur la situation à Madagascar auprès des populations et organisations dans le monde pour qu’elles soutiennent les paysans malgaches dans leur lutte pour la défense de leurs biens et de leurs terroirs,

- Diffuser des informations auprès des Malgaches de toutes les régions sur les objectifs, méthodes et risques liés à de telles opérations réalisées à travers le monde, pour qu’ils soient vigilants et sachent se défendre,

- Echanger et collaborer avec les populations des autres pays victimes de prédateurs similaires pour mieux défendre leurs paysans et leurs terres.

Paris, 29 décembre 2008

Si vous souhaitez nous rejoindre, nous soutenir, envoyer des messages et propositions, contactez-nous à l’adresse e-mail : patrimoinemalgache@gmail.com


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